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Manger des fruits et légumes  de saison : petit guide pratique

Manger des fruits et légumes de saison : petit guide pratique

Prendre l’habitude de ne manger que (ou presque) des fruits et légumes de saison est un moyen efficace de réduire ses impacts environnementaux négatifs. La production de fruits et légumes hors saison ou leur importation ont un impact écologique, gustatif et nutritionnel, et même social. Il n’est pourtant pas si compliqué de manger des végétaux de saison : avec un peu d’organisation pour changer ses habitudes et de créativité pour varier les recettes en hiver, le concombre et le poivron hors saison ne seront plus que de lointains souvenirs !

Pourquoi privilégier les fruits et légumes de saison ?

1. Limiter la pollution liée à la production et aux transports

Produire un fruit ou un légume sous un climat peu favorable, c’est en général utiliser de grandes quantités d’eau, d’énergie et d’intrants comme les engrais chimiques.

Prenons l’exemple de la tomate. En France, sa production sous abri chauffé représente une part importante des volumes produits. Le chauffage des serres avec des énergies fossiles est le principal poste émetteur de gaz à effet de serre (GES), « avec plus de 75 % des émissions pour le cas de la tomate » (Source : Ademe – Base de données Agribalyse). Cela signifie qu’une tomate qui pousse en serre chauffée contribue à émettre 4 fois plus de GES qu’une tomate qui pousse sans chauffage (en admettant que les paramètres autres que le chauffage soient identiques…).

Restons avec notre tomate : saviez-vous que si achetez une tomate produite en Espagne, il y a une forte probabilité qu’elle provienne d’Almería ? Cette province d’Andalousie est aussi surnommée la « mer de plastique » en raison de l’immense étendue de serres plastiques qui s’y déploient. Là-bas, l’agriculture y est intensive, avec pour vocation de fournir l’Europe en fruits et légumes. Ceci, avec un impact socio-écologique phénoménal :

Almería n’est qu’un exemple des impacts environnementaux d’une alimentation basée sur une agriculture intensive ne tenant pas compte des saisons et de son environnement. Malheureusement, le monde entier est truffé d’excès de ce genre conduisant à la dévastation de la nature et à l’épuisement des ressources.

En effet, que dire des cargaisons de bananes, mangues et autres avocats importés ? Cueillis avant maturation, parfois très emballés pour les protéger lors de leur long voyage en bateau, en camion (ou, pire, en avion), ces fruits passent par l’étape « mûrisserie » à l’arrivée à destination, afin d’atteindre la stade de maturité nécessaire à leur vente. Au détriment du goût et de la qualité nutritionnelle.

2. Favoriser la qualité nutritionnelle et le goût

Quand on a goûté aux légumes frais cuisinés juste après leur cueillette dans le potager bio, on ne peut plus se contenter de manger des légumes sans saveur, comme c’est particulièrement le cas pour la tomate importée en hiver. Si le goût est affecté par les modes de production, de récolte et par la distance de transport, il en est de même pour les qualités nutritionnelles (vitamines, minéraux) des fruits et légumes.

Ce qui nous incite à davantage consommer de fruits et de légumes de saison, au delà de leurs qualités liées à une production locale sans intrants chimiques, c’est qu’ils sont précisément adaptés aux besoins de notre corps selon les saisons. Par exemple, en hiver, notre corps a besoin de plus d’aliments riches en vitamine C afin de mieux lutter contre le froid et le manque de soleil. Justement, les poireaux, choux, pommes de terre et épinards, les stars des végétaux d’hiver, en sont riches ! En été, notre organisme va demander plus d’eau. En plus de l’eau à boire, les fruits et légumes comme la pastèque, la courgette, le concombre, la tomate, le melon combleront agréablement ce besoin en eau.

3. Rencontrer les producteurs locaux

Quel plaisir de savoir qui a produit les légumes que l’on consomme ! Quel plaisir pour le producteur d’avoir un contact direct avec le consommateur ! C’est encourageant pour le producteur, et cela permet au consommateur de prendre conscience du travail humain qu’il y a derrière les aliments qu’il mange. Le travail du producteur a du sens et il est valorisé par la rencontre avec le consommateur. En circuit court avec réduction des intermédiaires, nous sommes loin de la surexploitation des travailleurs immigrés en Andalousie…

Petit guide pratique pour manger plus de fruits et légumes de saison

Si vous êtes habitué à acheter vos fruits et légumes en faisant vos courses en supermarché, vous aurez quelques ajustements à faire pour vous assurer de consommer des fruits et légumes de saison, les plus locaux possible.

1. Consulter le calendrier des fruits et légumes

Nous sommes tellement habitués à voir les mêmes fruits et légumes sur les étals des commerces tout au long de l’année que nous en avons oublié la saisonnalité des fruits et légumes. Une révision s’impose donc. Pour cela, rien de mieux que de consulter mensuellement un calendrier des fruits et légumes de saison (ceux de notre climat… il n’y aura pas les même à La Réunion ou au Pérou !). Il existe beaucoup de calendriers consultables en ligne :

  • Sous forme de tableau, le calendrier de Que choisir permet de visualiser toute la période de consommation d’un légume donné, ou tous les légumes pour un mois donné.
  • Celui de la marque Le parfait, sous forme de listes de fruits et légumes par mois ; il y a également une version imprimable pour les fruits et pour les légumes. Attention, bien que très agréable à consulter, ce calendrier inclut des fruits ayant voyagé, comme la banane…
  • Pour le plaisir des yeux et en version imprimée, il existe de très beaux calendriers qui présentent mois par mois les fruits et légumes de saison, comme celui-ci.

2. Faire ses courses

Maintenant que vous êtes bien au point avec la saisonnalité des fruits et légumes, il ne reste qu’à privilégier les végétaux de saison lorsque vous faites vos courses. Ceci dit, pour faciliter votre sélection et de ne plus avoir à scruter les étiquettes de provenance ou vérifier sans arrêt votre calendrier en faisant vos courses, le mieux est d’acheter localement à des producteurs qui pratiquent une agriculture naturelle, sans intrants chimiques et sans chauffage dans les serres. Pour les trouver, vous pouvez chercher :

  • du côté des AMAP,
  • en vous inscrivant à La ruche qui dit oui, sur une plateforme de mise en relation producteur-consommateur comme locavor.fr, ou à un drive fermier,
  • dans les magasins de producteurs,
  • en vente directe à la ferme : certaines sont référencées sur internet, pour d’autres, c’est plutôt le bouche à oreille qui fonctionne,
  • sur les marchés, en repérant les producteurs locaux et en les différenciant des revendeurs de produits non locaux ou importés.

Ceux qui le peuvent se lancent même dans la création d’un potager pour les quatre saisons, projet ambitieux mais on ne peut plus local !

3. Varier les recettes… même en hiver !

L’été, les fruits et légumes courants sont particulièrement variés. En revanche, en hiver on tourne rapidement autour du poireau, des navets, des différentes variétés de choux, des carottes et des pommes et kiwis pour les fruits. Pourtant, il y a une grande diversité de végétaux à consommer même en hiver. Il suffit d’être ouverts à la découverte.

Pour apporter de la diversité à ce que vous consommez, plusieurs solutions :

  • tester des légumes d’hiver moins connus, comme le radis melon d’eau, le topinambour, le chou-rave, les salsifis, l’ortie, le navet boule d’or et tellement d’autres que je n’ai pas encore testés : héliantis, crosne, cerfeuil tubéreux, capucine, cardon, raifort, arroche, etc. Tant de noms qui laissent penseurs ! Le plus dur sera peut-être de se procurer ces espèces peu répandues…
  • côté fruits, au-delà de la pomme et des kiwis, pensons aux chataignes (à ramasser soi-même en forêt), coings, poires. Des agrumes sont cultivés dans certaines régions de France, principalement méditerranéennes : citron, orange, mandarine, pamplemousse, kumqat. J’ai bien conscience qu’il n’est pas évident de se procurer ce type de fruits localement. J’ai donc choisi de limiter leur consommation, et de varier les manières de manger la pomme en hiver : crue, en compote, en tarte, avec un plat salé, au four, en morceaux dans un yaourt, etc.
  • expérimenter de nouvelles recettes à base d’aliments locaux et de saison, comme sur le site Local my way. De nombreux livres de recettes prennent maintenant en compte la saisonnalité des ingrédients, comme 50 petits plats des 4 saisons pour marmiton éco-responsable.
  • profiter de l’été pour faire du stock : si certains ne souhaitent consommer que des légumes de saison, d’autres apprécient d’avoir un petit goût d’été durant l’hiver. Pour cela, ils préparent des conserves, des sauces ou des plats ou légumes surgelés à partir de leur production potagère.

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