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Alimentation écologique  : faut-il devenir végétarien, ou même vegan ?

Alimentation écologique  : faut-il devenir végétarien, ou même vegan ?

La question est posée : pour avoir une alimentation écologique, faut-il absolument être végétarien, ou même vegan ? Il devient de plus en plus connu que la consommation de viande pose de nombreux problèmes au niveau écologique. Logiquement, on pourrait donc penser que pour éviter ces problèmes, il vaut mieux se passer de viande, voire même de tous produits d’origine animale. Mais qu’en est-il au-delà des débats passionnels entre partisans de la viande et vegan convaincus ?

Les problèmes écologiques liés à la consommation de viande et de produits laitiers

Selon ce rapport de la FAO, l’élevage de bétail dans le monde serait responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux activités humaines. Le bœuf et l’agneau en particulier, sont les élevages les plus producteurs de GES. Cependant, notons que l’impact carbone du bœuf dépend de son pays de production : des bœufs nourris au soja et aux céréales (pratique très répandue en Amérique) produisent plus de méthane que des bœufs élevés à l’herbe naturelle (l’herbe constituerait 60 % de l’alimentation des bovins français). L’élevage en pâturages est même intéressant écologiquement, puisque les prairies contribuent à absorber le CO2. Finalement, un steak issu d’une vache élevée localement dans les pâturages n’est pas si mauvais écologiquement.

Ce qui est problématique, c’est qu’en France, les vaches à lait sont nourries avec seulement avec 40 % d’herbe, le reste étant des céréales. Voilà qui contribue à augmenter l’impact écologique de nos délicieux fromages français et des autres produits laitiers !

Au problème des émissions de GES liées à l’élevage « à l’américaine », s’ajoute la question de la déforestation. Pour cultiver la grande quantité de céréales et de soja nécessaire pour nourrir le bétail, il faut de grands espaces de culture : pour répondre à ce besoin, on grignote sur les espaces forestiers, en particulier sur la forêt amazonienne. Encore une mauvaise note, donc, pour l’élevage hors pâturages.

Si l’on considère l’impact sur l’eau (consommation, pollution), la production de viande est plus couteuse que la production de végétaux : en moyenne, il faut « 7900 l d’eau pour obtenir 1 kg de protéines carnées contre 4650 l pour 1 kg de protéines végétales».

La consommation de viande et de produits laitiers n’ayant cessé d’augmenter depuis 50 ans, en particulier dans les pays riches, les impacts écologiques sont devenus bien trop importants pour que l’on continue avec le même type de régime alimentaire. Voyons donc pour quels changements apporter à notre alimentation pour plus de durabilité.

Végétarien, végétalien, vegan, flexitarien : quelles différences ?

Un végétarien est une personne qui a décidé de ne plus manger de viande, c’est à dire de chair animale, incluant les poissons. En revanche, les aliments produits par les animaux (œufs, lait et dérivés) font partie du régime alimentaire du végétarien. Il existe cependant plusieurs degrés de végétarisme : certains vont refuser de manger de la viande d’animaux terrestres, mais vont accepter de manger du poisson et des crustacés, par exemple.

Un végétalien, en revanche va s’abstenir de consommer tout produit d’origine animale, que ce soit la chair, les produits laitiers, les œufs, et même le miel.

Le vegan va encore plus loin que le végétalien, puisqu’il ne consomme aucun produit issu de l’exploitation animale, que ce soit pour se nourrir, se vêtir, pour les soins du corps ou autres. Notons que sur le plan strict de l’alimentation, on peut utiliser indistinctement les termes vegan et végétalien.

Le flexitarien, quant à lui, est un semi-végétarien qui mange occasionnellement de la viande.

Quel régime alimentaire adopter ?

Un régime omnivore à base de grosses quantités de viande produite de manière industrielle aura bien plus d’impacts environnementaux qu’un régime végétarien ou vegan. Toutefois, cela ne fait pas de ces derniers régimes un idéal. En effet, si le régime végétarien ou vegan est riche en soja ou en légumes ayant nécessité beaucoup d’eau et de pesticides pour leur culture, il est bien moins intéressant écologiquement qu’un régime flexitarien qui privilégie des produits de qualité : viande issue d’animaux élevés en pâturages, céréales, fruits et légumes issus d’une agriculture raisonnée ou n’utilisant pas du tout les pesticides.

La question du végétarisme, du veganisme ou du flexitarisme relève donc de choix de vie tout à fait personnels qui peuvent être dissociés de la question écologique. La réponse à la question « Faut-il devenir végétarien ou même vegan ? » est donc : non, pas nécessairement ; cela dépend de votre sensibilité personnelle.

Conseils pour une alimentation plus écologique

Cependant, pour diminuer les impacts écologiques de son alimentation, voici quelques tendances à retenir, et ce quel que soit le régime alimentaire choisi (évidemment, les vegans peuvent sauter les trois premiers points) :

  • concernant la viande : éviter toute viande issue de l’élevage industriel. Diminuer sa consommation de bœuf ou d’agneau, mais lorsqu’on en mange, choisir des viandes issues de l’élevage en pâturages.
  • pour les produits laitiers : la problématique similaire à celle de la viande, privilégier les produits laitiers issus d’animaux élevés en pâturages. Pour cela, mieux s’approvisionner localement, car cela permet plus facilement de se renseigner sur le mode d’élevage du bétail. La diminution de la consommation de produits laitiers est aussi à envisager.
  • poissons et produits de la mer : l’impact écologique dépend beaucoup des modes de production. De manière générale, il vaut mieux éviter les espèces menacées comme le thon rouge. Il est également préférable de privilégier les méthodes de pêche artisanales. Pour plus d’informations, voir l’article de Greenpeace sur ce sujet.
  • fruits, légumes : opter autant que possible pour des produits frais, de saison, locaux (ceci implique de remplacer bananes, mangues et autres fruits exotiques par des fruits qui poussent dans nos contrées…) et issus d’une agriculture n’utilisant pas de pesticides et autres entrants chimiques.
  • légumineuses (lentilles, fèves, pois, haricots en grain) : ce sont les stars de l’alimentation équilibrée et écologique ! Leur culture demande peu d’eau, peau d’énergie et émet peu de CO2. Une grande diversité de légumineuses est cultivée en France. Au niveau nutritionnel, leur richesse en fibres et leur index glycémique1 bas font d’elles des aliments de premier choix.
  • céréales : comme pour les fruits et légumes, faire attention aux intrants chimiques utilisés pour leur culture. Les céréales complètes sont les plus riches nutritionnellement. Attention, il faut s’assurer qu’elles n’aient pas été traitées aux pesticides car les résidus de pesticides se concentrent dans les enveloppes externes du grain.
  • plats préparés industriellement, produits très transformés, boissons sucrées : à bannir dès que possible. Au lieu d’acheter des plats transformés, cuisinez !

Des ressources pour creuser la question de l’alimentation écologique

Je viens de vous donner quelques pistes pour cerner globalement les problématiques associées à la viande et aux produits laitiers, et des lignes directrices pour une alimentation davantage respectueuse de l’environnement. Bien sûr, cet article n’est qu’un « débroussaillage ».

Parce que des spécialistes et journalistes ont bien creusé la complexe question de l’alimentation et de ses effets sur l’environnement, je vous renvoie vers leurs ressources si vous souhaitez approfondir le sujet. Voici donc une sélection d’articles de qualité (c’est à dire bien étayés et nuancés) publiés par Youmatter pour bien cerner la question de l’alimentation :


1. L'index glycémique d'un aliment est sa capacité à faire augmenter rapidement le taux de sucre dans le sang.

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